Projet de francisation des noms de champignons

André Jean, responsable - Roland Labbé, conseiller scientifique - Henri-Paul Giguère, mise en page


Pourquoi rebaptiser les champignons ?

La création de noms français ne vise d'aucune façon à substituer ces derniers aux binômes latins dans les communications entre mycologues. Elle ne tend qu'à combler une lacune de taille, soit l'absence de terminologie française pour un grand nombre d'espèces de champignons. Plusieurs pays d'Europe possèdent déjà leur terminologie propre, le Québec doit poursuivre le travail amorcé en ce sens il y a plus de cinquante ans. La solution la plus simple consisterait évidemment à adopter les noms retenus par nos cousins belges, français ou suisses. Il existe chez eux une tradition mycologique populaire bien établie, laquelle manque chez nous. Mais on ne peut malheureusement retenir cette solution de manière systématique. D'une part, certains noms populaires là-bas sonneraient, ici, faux ou emprunté - les noms d'oiseaux en sont un exemple flagrant. D'autre part, et la chose est plus fâcheuse, des entités connues sous un même binôme latin de notre côté de l'Atlantique affichent parfois des différences telles qu'on s'interroge sur leur identité véritable. Avant que le doute ne soit levé, il serait inopportun de sanctionner l'équivoque par une même dénomination populaire. Sans compter les nombreuses espèces propres à l'Amérique du Nord, pour lesquelles il faut de toutes façons trouver un nom vernaculaire.

Lors de la IIIe Rencontre des cercles de mycologie du Québec, en septembre 2001, les représentants en sont arrivés à la conclusion qu'il devenait impératif de franciser et d'uniformiser les noms latins des champignons. Les raisons invoquées à l’appui de cette démarche sont pour l’essentiel les suivantes :
  • La communication serait facilitée par l'utilisation de noms français, entre autres lors des cours d'initiation (conjointement aux noms scientifiques), à l'occasion des séances d'identification et des expositions mycologiques ouvertes au grand public;
  • Les seuls noms latins rebutent souvent les débutants;
  • Plusieurs champignons n'ont jamais reçu de nom français, il s'en trouve par contre un certain nombre dont le nom change selon les auteurs;
  • Il faut revoir certains noms déjà retenus et qui sont par ailleurs inadéquats;
  • Et, il faut bien l'avouer, les noms latins changent un peu trop souvent au gré de plusieurs d'entre nous, alors que le nom français est beaucoup moins sensible aux aléas du progrès.
Critères retenus pour la francisation des noms latins :
  • Conserver, dans la mesure du possible, les noms français préexistants;
  • Opter pour des noms courts;
  • Privilégier les noms se rapportant aux caractères macroscopiques ou à l'habitat;
  • Sauf exception, ne retenir qu'un seul nom français pour chaque espèce;
  • Commencer par traiter les groupes les plus communs et se charger éventuellement de ceux qui sont rares ou très rares, à moins que les noms, pour ces derniers, ne soient déjà disponibles.
Partageant tous une langue commune et un même intérêt pour la mycologie, il va de soi que la création de noms populaires pour désigner les champignons relève d'une responsabilité collective. Aussi, veuillez considérer les groupes déjà traités sur notre site comme une ébauche et faire parvenir suggestions et remarques au responsable de votre cercle qui nous les acheminera.
André Jean